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Un regard tranquille sur La Landie. Texte et phots "Campo"

 

Fred et Olympe sont de retour à "La Landie

Celà n'aura vécu que le temps d'une mouche.

Lac pour les uns, réservoir pour les autres ou simplement havre de nature et de pêche à la mouche ? Ici, les années déroulent le temps sans jamais délustrer cette superbe pièce d'eau sauvage. Détenir les clefs du coffre du succès à la Landie c'est, évidemment, faire partie des fouets qui savent promener la soie de façon efficace. Cette pièce d'eau, si déroutante techniquement, force l'admiration de tous ceux pour qui la pêche en réservoir est une véritable passion. Céans, il n'est pas rare de voir de bons matelots sombrer dans l'incompréhension, tant les phénomènes naturels peuvent évoluer de façon étrange. Subtilité, créativité et persévérance sont ici les qualités incontournables pour se faire accepter des eaux et des pensionnaires de ce lac, ô combien attachant !

La Landie détient aussi le record du nombre d'espèces salmonicoles présentes en ses eaux kamloops, brodings, farios, golds, steelheads, truites-tigres truites bleues et, bien sir, les incontournables arcs-en-ciel toujours très actives, surtout dans la couche supérieure. Gardons, rotengles, perche vairons et quelques carpes viennent également compléter cette population aquatique parfaitement bien équilibrée. Fred et Olympe sont à nouveau les gardiens du temple. Tous deux anciens des Beaux-arts, ils pourvoyaient de façon très efficace à la bonne tenue et à la gestion du plus important des réservoirs français. Toujours disponibles, leur prévenance et leur professionnalisme ont, de toute évidence, concouru à la réussite halieutique et touristique de cet endroit chargé d'histoire. Avec ses 33 hectares d'eau d'excellente qualité et ses poissons très combatifs, ce plan d'eau sauvage porte haut les couleurs de la pêche à la mouche artificielle. Tous les ténors de la canne à fouetter sont venus un jour tâter l'ambiance de cette extraordinaire pièce d'eau naturelle. Guido Wink, Jeremy Hermans, Bod Church, PauI Vekmans et bien d'autres encore sont passés un jour par la Landie. Ces authentiques champions ont toujours décrit l'endroit comme étant un des hauts lieux européens de la pêche en lac. Pour ma part, et malgré certaines habitudes, j'ai toujours un immense plaisir à retrouver ce lieu mythique.

Dès le matin, les poissons sont actifs.
Une journée à la Landie commence généralement par un coup d'oeil rapide sur le lac. Si vous êtes un lève-tôt, vous remarquerez quelques beaux poissons s'activer en surface au milieu des brumes fuyantes balayées par les vents du matin. Quoi qu'il en soit, la pêche débute ici à 8 h et
c'est amplement suffisant. Avant le départ en direction du port et de leur embarcation respective, les pêcheurs attaquent généralement la journée par le quart d'heure de grande agitation. Chacun se hâte dans tous les sens l'un pour retrouver sa boîte à mouches, l'autre, son ancre flottante, ou encore un troisième, son portable, égaré la veille après un passage un peu arrosé au bar du lodge. Par la suite, et pour clore cette confusion passagère, tout ce petit monde se retrouve à glisser sur l'eau au rythme lent des moteurs électriques qui calment, du même coup, cette cadence inadaptée pour l'endroit. C'est le moment idéal pour tenter de découvrir si possible l'astuce du du jour. Le regard que je place une fois de plus en direction du lac m'indique fréquemment la technique à adopter. Tout d'abord, analyser le sens du vent qui va déterminer la direction des dérives de surface. Cet élément d'importance va m'indiquer le secteur où mes artificielles toucheront l'eau pour la première fois de la journée. Dans l'embarcation qui me transporte vers l'endroit choisi, je prépare une stratégie en espérant rapidement trouver la bonne. Sèche, noyée, ou micro-streamer........."that is the question" ? A la Landie, la recherche d'indices probants détermine toujours la technique à adopter pour, d'une part, découvrir les poissons actifs, et d'autre part, pratiquer de façon efficace. C'est pourquoi il est important, ici comme ailleurs, de prendre la peine d'observer la nature afin de définir la formule magique du moment. Dans ce lac, la pêche au train de mouches est presque indispensable. Un bas ligne long, conçu pour optimiser la fluidité, va améliorer le rendement des artificielles durant leur promenade subaquatique. Quant à moi, et en l'absence de signe évident d'activité de surface, je prospecte à trois mouches selon la technique dite en "V". Pour les néophytes, cette méthode offre le double avantage d'enfoncer rapidement les artificielles, tout en leur conférant, durant la descente et au cours de la récupération de la soie, une animation très attractive.

La pêche au train de mouches sous la surface, selon un système réputé fameux et qui consiste en une récupération lente de la ligne, va concéder très souvent les premières attaques.

Ici, trois types de lignes à mouche sont nécessaires pour explorer efficacement la colonne d'eau. Une soie flottante, une soie intermédiaire et une soie très plongeante. Toutes ces lignes à mouche doivent être reliées à 100 m de backing afin que votre poisson trophée de plus de ... hum ! ... ne vous fausse pas compagnie en embarquant bas de ligne, soie, et bien entendu, toutes vos espérances.
Pour les nylons à utiliser ainsi que leur diamètre respectif, ne vous laissez jamais influencer par ceux qui font de la pêche à la mouche une certitude. Un dégradé nylon de deux fois la canne, avec départ en 40/100, se terminant par une pointe de 1,20 m en 20/100, reste bien adapté à la taille et au poids des poissons régulièrement capturés à la Landie. Néanmoins, il m'est difficile de refermer ce paragraphe, sans ouvrir une parenthèse corrélative aux nylons de pointe qu'utilisent habituellement les pêcheurs français. Aux abords de nos réservoirs, il n'est pas rare de voir quelques gros gilets écussonnés façon maréchal soviétique, portant casquette à visière et lunettes anti-reflet, taquiner des arcs-en-ciel de 5 à 10 livres avec des nylons de pointe pour poissonnets. "Si tu ne pêches pas en dix centièmes, elles ne montent pas !". Voilà le discours que l'on colporte volontiers dans les salons, ainsi que sur les "rives de l'imbécillité" S'il m'arrive en rivière de réduire de façon significative le diamètre de la pointe, c'est uniquement pour donner de la précision à l'artificielle durant son déplacement de surface. J'évite ainsi tout où partie des frictions négatives avec la tension superficielle de l'eau. En lac, Ia démarche est complètement différente  puisque les poissons sont plus sensible eau choix de l'artificielle et à son attractivité, qu'au diamètre du nylon de pointe. Tout bon pêcheur sait cela, croyez-en ma modeste expérience. Pour un très grand nombre d'entre nous, le maître-mot à la Landie c'est "la pêche à la loyale". Pas de gyrophare sur le bas de ligne, ardillon écrasé, décrochage en douceur, et pêche à la remorque interdite. Tout pour faire de vous le "super moucheur" du lac. Cependant, il faudra parfois faire une grosse recherche pour trouver l'insecte du jour ou bien l'éphémère du moment. Car ici, et lorsque les poissons sont actifs à la surface ou dans l'épilimnion, tous les streamers à la mode et les guirlandes de Noël habituelles sont à mettre au rancart. Dans cet endroit, les pensionnaires ont un comportement alimentaire qui colle de très près à la nature et, de ce fait, à l'entomologie du moment. Par conséquent, il faut que la boîte à ruses soit garnie d'artificielles fabriquées selon un véritable savoir-faire fondé sur la connaissance de l'eau, de la pêche et des poissons. A la Landie, on ne s'improvise pas bon pêcheur d'un jour car le paiement de l'action n'ouvre pas du même coup la porte de la réussite. De fait, il vaut mieux avoir de solides connaissances pour espérer voir le blank de son fouet plier sous les rushes d'une belle. Par contre, si votre culture de ce sport vient de la rivière, vous partez avec un réel avantage. On va facilement de la rivière au lac, mais jamais inversement. N'en déplaise aux "streamailleurs" et autres "bobailleurs" . La canne à mouche va jouer également un rôle important dans la quête du bonheur. II faut éviter absolument les engins trop raides ainsi que les gourdins à la mode. Une 9 pieds pour soie de 5/6 est ici l'outil idéal. Souplesse et puissance doivent être les qualités principales d'une canne à fouet. Une poignée permettant une très bonne préhension de l'ensemble viendra naturellement conforter le lancer au cours du battement angulaire. L'emploi de soies naturelles pour les pêches de surface est ici un atout supplémentaire. Le transport aérien de l'artificielle se faisant de façon plus discrète, les poissons actifs dans la couche supérieure seront moins méfiants lorsque celle-ci filera dans les airs au-dessus de leurs nageoires. La prospection en "loch style" est de loin celle que je préfère ici. Positionné avec son embarcation à la pointe des vents, il suffit de se laisser tranquillement dériver en envoyant sa ligne le plus loin possible dans les "frizlis". Dans tous les cas, et si l'artificielle et le pêcheur sont à la hauteur de la situation du moment, le choc ne tardera pas à se produire. Cette façon de procéder s'associe techniquement à la pêche en mouche sèche en rivière. Voir ces poissons bondir hors de l'eau puis filer à toutes nageoires pour vous fausser compagnie, quel spectacle ! Bien que la pêche au streamer ne soit pas celle que je préconise à la Landie, elle offre en l'absence d'activité bien la possibilité de tirer son épingle du jeu. Faire traîner ses artificielles dans les profondeurs des eaux de ce lac mythique réserve souvent des surprises à la hauteur de sa réputation. Des histoires de poissons énormes "courent" ici sur l'eau et le long des berges car il n'est par rare de voir revenir un pêcheur narrant une aventure se finissant régulièrement par : "Je n'ai rien compris, j'ai cassé net... sur du 28/100 en plus! II existe aussi à la Landie une technique à gros poissons que je vous livre sans détour. Tout d'abord, rapprochez-vous des berges discrètement. Ensuite, et à l'aide d'une ligne très solide, 30/100 minimum pour la pointe avec bas de ligne court, lancez vos artificielles en direction des rives encombrées. Des farios superbes ainsi que de très belles arcs maraudent sur ces secteurs, et si vous savez vous y prendre, vous ne regretterez pas votre excès d'audace. Et, qui sait ? Tandis qu'attelé à un poisson de rêve bien décidé à vous en faire voir de toutes les couleurs, vous deviendrez peut-être pour un jour, "fanion" de la Landie. Pêcher dans un domaine chargé d'histoire est toujours valorisant pour celui qui aime le sport mouche. Dans le lodge, photos et emblèmes de grosses prises rappellent qu'ici les captures sont toujours à la mesure de nos ambitions. Le "trophée de la Landie", décerné à l'auteur de la plus grosse prise de la saison, conforte la tradition de ce lac connu pour ces gros poissons. Quinze livres en 2002, avec un record stupéfiant approchant les vingt livres il y a quelques années. A cette occasion, tous les inconditionnels du lac et les personnalités du monde de la pêche à la mouche se retrouvent pour fêter l'événement.  Aujourd'hui, François  Cohendet et la fille de Pierre Cohendet perpétuent seul et avec habileté la tradition de ce lac. Il symbolise avec la Landie un des labels français de courtoisie halieutique, d'esthétique et, bien sûr, de pêche à la mouche artificielle fouettée.

Il y a quelques temps, Pierre Cohendet nous à quitté. C'est ami sincère et discret, avait le regard de l'enfance lorsque qu'il évoquait son lac et la pêche à la mouche.  Parfois, quand la magie de l'eau exagérait notre passion commune, il approchait son bateau du mien et me disait: "Alors Campo! Combien?