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La pêche en réservoir...;comment çà marche?

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Si la gestion, l'organisation et la pratique de la pêche des
écosystèmes ouverts sont, me semble t'il, confrontés à de multiples
difficultés du fait de l'irresponsabilité des hommes, celle des
pièces d'eau continentales est, au contraire, parfaitement
envisageable à condition, bien évidemment, d'éviter d'en faire une
évidence.
texte et photos "Campo"

De toutes les méthodes existantes pour capturer du poisson, la pêche à la mouche est de loin celle qui procure le plus d'excitations. Ensuite, et pour pratiquer, la principale difficulté réside dans le fait de trouver un lieu idéal pour le faire. Devant le crépuscule halieutique d'un grand nombre de nos rivières à salmonidés, quantité de pêcheurs au fouet se tournent tout naturellement vers certaines pièces d'eau continentales à péage. Ils retrouvent ainsi, ce qui fait cruellement défaut sur nos cours d'eau du domaine public. Si d'aventure vous voulez chez nous apprendre les rudiments d'une technique de pêche : Direction le réservoir ! Mais attention ! De nombreux marigots abondent dans notre beau pays. Pièges dans lequel tombent tous ceux qui n'ont pas pris la peine de se renseigner sur les qualités piscicoles et de gestion de l'endroit choisi.                                                                                                                                                                                 Pourquoi pêcher en réservoir?
Si beaucoup de « fouets » s'imaginent qu'un réservoir de pêche à la mouche n'est rien d'autre qu'un vulgaire bac à poissons dans lequel viennent pêcher tous ceux pour qui la pêche n'est qu'une petite aventure de week-end, Ils se trompent lourdement. A condition que l'endroit soit frappé du « sceau du savoir-faire », la pêche sportive y trouve tout naturellement sa place puisqu'elle est certaine d'y surprendre ses compagnes de jeu. Tout d'abord, ces endroits spécialisés vont offrir la possibilité d'apprendre et d'échanger des points de vue sur tel ou tel type de canne, de modèle de mouche ou bien de mode de lancer. Ils vont également inciter et habituer le pêcheur à la capture. Nos amis anglo-saxons ont compris depuis longtemps l'intérêt économique, halieutique et convivial des écosystèmes fermés à caractère sportif.

En Angleterre, des réservoirs prestigieux voient leurs eaux sillonnées par de nombreux pêcheurs qu'ils soient moucheurs, carpistes ou encore pêcheurs de brochet. Et pourtant, si l'on compare leurs écosystèmes fermés aux nôtres, ils font véritablement office de parents pauvres.                                                                                   Mais alors, que se passe t'il chez nous ?                                                                 J'ai, en son temps, tenté d'expliquer à quelques responsables d'appma et de fédérations les enjeux importants que représentent la pêche dans notre pays. J'ai également essayé de leur dire que ce loisir était, avant tout, une affaire de pêcheurs. Ils n'ont rien voulu entendre. Par conséquent, j'ai dû dissimuler mes bourdonnements dans le but avoué d'aller pêcher d'autres cieux. Je me suis donc tourné tout naturellement vers la pêche des lacs, des étangs et des réservoirs afin de renouer avec la capture et le jeu de l'eau. Après quelques années passées à cavaler ces étendus d'eau, j'ai pu me rendre compte de la difficulté d'imaginer, de concevoir et de gérer une pièce d'eau close dont la spécificité serait la pêche à la mouche. Il y a une dizaine d'années, j'avais avec les gens du New-Concept-Club ouvert un réservoir dans la région d'Albi. Entreprise modeste et à caractère non lucratif. Cette minuscule pièce d'eau avait à l'époque suscitée bien des jalousies. La première année, la chose fut géniale. Mais, ensuite, cela se gâta très vite et j'eus tôt fait de stopper l'affaire. Non pour des raisons techniques, mais tout simplement parce que chez-nous, ce genre d'initiative dérange ceux qui ne font jamais rien. Pour le coup, mes pensionnaires aux belles nageoires et soigneusement sélectionnées, finissaient dans les triples de quelques-uns parce qu'une truite, c'est bon ! Ceci, c'est pour la petite histoire. Mais bien d'autres difficultés surgissent dès lors que vous décidez de privatiser un étang à des fins de pêche sportive. Bien évidemment la chose sera impossible à gérer si la pièce d'eau appartient au domaine public.. Fort de cette expérience négative et, bien entendu, également éclairé par les difficultés rencontrées par d'autres responsables de lacs de pêche à caractère privé, j'ai imaginé un réservoir idéal capable d'accueillir sur ces eaux des pêcheurs aux inclinaisons mesurés, ainsi que des pensionnaires aux belles nageoires

L'usage veut que l'on qualifie de lacs, les seuls plans d'eaux naturels ou artificiels dont la profondeur est suffisante pour permettre la séparation d'une zone littorale enracinée par des végétaux, d'une zone de pleine eau qui en est dépourvue. Toutefois, il n'existe pas de définition stricte d'un étang. Bien qu'il y est chez nous quelques exceptions, ces pièces d'eau sont en principes peu profondes et leur superficie et habituellement inférieure à 10 hectares. C'est sur ces étangs souvent artificiels, que se pratique la pêche sur un plan général. Ceux-ci sont parfois vidangeables et un certain nombre d'entres eux dates du moyen age. Dans certaines régions de France ils représentent une composante majeure : Dombes, Sologne, Brenne, Loraine renferment quantités d'étangs.

Il est donc important de choisir un secteur ou votre création possédera suffisamment d'atouts pour que le projet puisse être viable. Un minimum de 5 hectares de pleine eau sera le bon compromis. Cette pièce d'eau devra se situer à une altitude d'environ 600 mètres au moins pour les régions du sud de la France. Pour les régions plus au Nord et en raison des températures plus froides, seul le critère de profondeur peut être retenu. L'enfoncement minimum sera au moins égal à 5 mètres en son centre ou au droit de l'édifice barrant la libre circulation des eaux. Pour les apports en eaux, l'idéal est de posséder en proche périphérie de la pièce d'eau un ruisseau ou une rivière permettant de recharger le lac de façon permanente. Dans ce cas, les apports se font naturellement par voie d'infiltration ou par un système de vanne mécanique destinée à en assurer la capture.

Cette entrée d'eau sera disposée de préférence en bout de lac. La présence d'un exutoire à pente rapide avec grille verticale sur dalle béton, permettra la fuite du trop plein. Si le réservoir peut-être vidangé, c'est un plus ! Une fois au moins et tous les quatre ans, il sera mis à sec et des travaux de nettoyage seront entrepris. L'enlèvement des sédiments et des vases soit par pompage soit par chaulage devra être effectué avec soin ceci dans le but de décolmater les fonds. Il faudra alors procéder à l'arrachage de certains végétaux subaquatiques de nature à gêner l'activité pêche mouche. Des travaux de consolidation des berges par dépôt de blocs rocheux ou par plantation de végétaux affectionnant les zones humides comme : Le bouleau rubescent, les saules, l'aune glutineux sont indispensables pour la vie de l'écosystème fermé. Notez qu'il est primordial que la bande rivulaire soit fixée en végétaux afin de conférer à la ceintures terrestres un pole de substruction stable. De plus, ils accordent un peu de fraîcheur durant les périodes de fort ensoleillement. Par ailleurs, beaucoup d'insectes terrestres, et de batraciens fréquentent les abords des étangs et la zone humide. Ils sont autant de proies faciles pour les truites. Encore un élément important. Si possible, faire creuser un ou deux bassins de rétentions disposés très prés de la vanne d'apport en eaux afin que ceux-ci jouent un rôle d'épurateur. Profondeur, 1 mètres 50 environ. Cela permettra de capter tout ou partie des sédiments en suspension lors de la mise en eaux. De plus, en période de vidange ils permettent de garder une quantité d'eau suffisamment importante. Les poissons pourront ainsi y être stockés durant les travaux de nettoiement.

Le décor étant à présent planté, il ne reste plus qu'à déposer délicatement les pensionnaires dans le réservoir. Afin de vous donner toutes les chances de réussir votre coup, « zappez » toutes les espèces de nature à perturber votre étang. Par exemple, éviter d'introduire de la carpe dans une pièce d'eau ou la finalité sera la pêche de la truite arc-en-ciel à la mouche artificielle. Cette espèce augmente le taux de turbidité de l'eau et avale tout ou partie des végétaux subaquatiques qui, je vous le rappelle en passant, joue un rôle capital dans l'équilibre physico-chimique de la molécule. D'autres espèces sont également à proscrire dans un lac réservé à la pêche de la truite à la mouche. Pas de brochet, de black-bass ou de chevesne. J'ai constaté que la présence de gros black-bass sur un étang empoissonné en arc-en-ciel, installent celles-ci loin des berges et, de ce fait, les privent de la nourriture de bordure laquelle est toujours plus abondante qu'en pleine eau.

L'absence de concurrence entre les espèces est, dans ce cas précis, un critère très important. Les truites vont alors se répartir naturellement sur l'ensemble de la pièce d'eau pour le plus grand bonheur des pêcheurs. On peut alors les tenter loin des berges, le long des bordures ou sur des postes particuliers. Toutefois, et pour que cette règle soit vérifiée, ceci sous-entend une bonne qualité d'eau sur l'ensemble des secteurs.
Afin de ne pas envahir votre lac de façon inconsidéré, 60 kg à 80 kg de truites à l'hectare reste très raisonnable. Bien sur, si le pisciculteur du coin est un « rigolo » il va vous dire que cette quantité est ridicule. Il voudra alors vous en coller le triple. Un conseil, changer de pourvoyeur. Choisissez de préférence votre alevineur en allant sur place vérifier la qualité du poisson élevé. Ceux-ci seront ensuite sélectionnés et isolés pendant quelques temps dans un bassin spécial afin d'éviter les confinements de l'espèce sélectionnée.

Pour une pièce d'eau continentale de 5 hectares environ, 300 kg de poissons sont largement suffisant. Cela se répartit comme suit : 100 kg en poisson de 1 Kg, 100 kg en poisson de 2 kg et 100 kg en poison de3 à 5 kg Ce qui fait environ et à la louche, 170 poissons présents dans l'étang. Si l'on considère qu'une arc-en-ciel de bonne pisciculture donc, de bel aspect, attaque en moyenne dix fois un leurre artificiel avant de mémoriser le danger qu'il représente, cela vous permet de bénéficier de 1700 coups de gueules dans le schéma présent. Par conséquent, si la pression de pêche n'est pas trop forte 5 à 6 pêcheurs par jours pour un nombre total d'attaques et de captures journalières de 10 poissons par pêcheurs, nous atteignons un nombre de 60 touches ou prises avec remises à l'eau dans la journée. Si vous suivez mon raisonnement cela fait; 1700 : 60 = 28,33 jours de pêche sur la base de 60 attaques par jours. Le reste est facile à interpréter. Si vous prélever vos poissons, en moins d'un mois, votre lacs est vide de toutes nageoires. Bien entendu, et vous l'aurez compris, au fur et à mesure des journées de pêche et des ponctions successives, le nombre de touches diminuent en fonction du nombre de poissons enlever.
Par conséquent, le « now-kill » peut apparaître comme étant la solution à adopter pour obtenir un ratio plus intéressant. Personnellement, je ne le crois pas. Les champions toutes catégories de la pêche en réservoir que sont les Anglais pensent aussi comme moi. Chez eux, les poissons sont généralement élevés dans des pièges au sein même du réservoir où ceux ci serviront de poissons de sport. Ils sont ensuite relâchés dans les eaux libres de ce lac ou leur pêche et très réglementé. Chaque poisson maillé sera systématiquement tué et comptabilisé. Dans ce cas précis, pas d'accoutumances. Les poissons attaquent tous ce qui présente un aspect attractif capable de susciter leur désir alimentaire. Ils ne sont en aucune manière habituée au leurre puisqu'ils ne le verront en principe qu'une seule fois.
En fait, le mode de gestion va dépendre de l'option choisie. No-kill, égale poisson éduqué et de plus en plus difficile voire impossible à capturer. Ou bien, poissons prélevés après chaque capture avec, obligation de ré alevinage en fonction de la pression de pêche afin de garder un niveau d'attaques satisfaisant.
Cette deuxième option bien que séduisante, présente un inconvénient majeur. Ou trouver les fonds nécessaires pour aleviner régulièrement le lac afin de satisfaire les viandards et autres rois du « congelo » ?

Le juste équilibre existe pourtant. Cependant, et pour l'atteindre, cela relève de l'exploit. Si en plus, les pêcheurs pratiquent de façon destructrice au niveau des modes de pêche, c'est mal parti ! Afin de protéger le poisson et par la même, la qualité de l'ensemble, tous les procédés délétères de nature à facilité la capture doivent être interdits.

Ces techniques sont bien connues des vrais managers de lacs : La pêche au Bob au posé, la pêche avec un lest terminal et une imitation d'escargot en potence, la pêche à vue sur des poissons regroupés prés des arrivées d'eau. L'amorçage aux granulés dans le but de regrouper les poissons. Toutes les pêches avec ardillon. Pas facile de fliquer cela ! Et pourtant, comme dans toutes entreprises, le responsable d'un étang de pêche à la mouche doit veiller à faire respecter les règles. Tant pis s'il vide son réservoir de ces fameux prédateurs déguisés en pêcheurs à la mouche et que cela lui cause un manque à gagner. C'est le pris à payer chez nous pour avoir la qualité. Reste encore un point sérieux qu'il me semble important d'évoquer. Comment garder vos poissons dans votre lac si celui-ci n'est pas sous surveillance ? Des dizaines de plaintes sont enregistrées tous les ans sur les mains courantes de nos gendarmeries nationales. A la nuit tombée ou durant la journée, lorsque le réservoir n'est pas fréquenté, des cannes peux scrupuleuses viennent chatouiller vos poissons. Que faire pour éviter cela ? Par grand chose, si ce n'est la présence d'un système qui va décourager vos pêcheurs « au noir ». Balancez des globes fils de fers barbelés aux points stratégiques. Vous les retirerez ensuite lorsque vous ouvrirez votre lac à vos pêcheurs. Ce système à fait c'est preuve et je n'en connais pas de meilleur pour décourager les « bracos ». Qu'en au hérons cendrés et autres cormorans en passant par les ragondins et les loutres! Faites appel à un piégeur professionnel. Ceux-ci savent parfaitement régler ce genre de misères, tout en respectant les règlements et lois en vigueurs relatives à la protection des espèces citées plus haut. Notre pays renferme quantité de pièces d'eaux continentales qui pourraient accueillir de nombreux pêcheurs à la mouche et offrir une alternative à la pêche des écosystèmes ouverts qui actuellement est gérée de façon inadaptée. Pourquoi nos responsables halieutiques ne le font-ils pas ou peu ? La question est posée et c'est à eux d'y répondre. Ils ne vous restent plus maintenant qu'à vous lancer dans l'intrigue. Et si d'aventure vous réussissez votre coup, dites-moi si mes conseils ont été les bons.  Campo.    Remontez

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Dernière modification : 03 mars 2015