Accueil Reportages produits et services Nouveautés Occasions Commandez Administration Lac des lignes
Savoir
regarder autour de soi, se
mettre spontanément à l'écoute de la nature, tout en sachant se faire oublier,
voilà les dispositions incontournables de la pêche de l'ombre commun à la mouche
artificielle.
Texte et phots Patrick Campomizzi
Tout d'abord, il me semble judicieux, avant même
d'aborder l'aspect technique de la question, de parler du milieu dans lequel vit
généralement ce poisson en mettant l'accent sur son comportement alimentaire,
qui doit nous permettre de dégager un certain nombre d'informations nécessaires
à la préparation d'une action efficace, susceptible de provoquer un maximum de
résultats.
Bien qu'il soit parfois présent assez haut sur certains cours d'eau, on le
rencontre habituellement juste en aval de la zone à truites, entre le cours
supérieur et le cours moyen. L'étude des rivières essentiellement peuplées
d'ombres permet de déterminer d'une manière assez précise les habitudes
alimentaires de ces poissons ainsi qu'une part importante de leur comportement
diurne en milieu naturel.
L'ombre, aux moeurs grégaires, affectionne tout particulièrement les eaux
fraîches bien équilibrées chimiquement. On le trouve parfois dans des fosses peu
profondes, où il se nourrit d'animaux benthiques (larves, mollusques, vers, etc
...). Son hydrodynamisme parfait lui confère des qualités de nage
exceptionnelles et c'est sur son substrat favori, habituellement constitué de
cailloux, de sable et de gravier, qu'il demeure le plus passionnant pour le
pêcheur à la mouche artificielle. C'est en effet sur ces postes qu'il est le
plus sollicité. Bien entendu, sa pêche devient alors beaucoup plus difficile et
très rares sont les fouets qui le capturent régulièrement.
L'ombre des feuilles mortes Lorsque vient l'automne des
premiers givres, la rivière à l'écharpe de brume flanquée d'une végétation riche
en couleurs laisse glisser ses eaux, c'est l'époque de l'ombre des feuilles
mortes.Sur les grands lents de la Dordogne, nos pêcheurs ont pris place.
Durant de longues heures, leurs yeux passionnés vont scruter la rivière pour y
repérer un éventuel mouchage d'ombre. Et pourtant, nonobstant cette nouvelle
gesticulation halieutique, notre thymallus continue de nous gratifier de
multiples ronds concentriques, au nez et à la barbe de nos amis moucheurs
souvent impuissants et quelque peu dépités.
A cette époque de l'année, ce poisson redevient plus facile à capturer, il peut
alors s'alimenter longtemps à la même place ce qui va permettre de le tenter
sans difficulté. Mais attention, il reste malgré tout très sélectif et ne
supportera toujours pas une quelconque extravagance de dérive surtout si la
rivière roule des eaux de faible débit.
Bien que l'emploi d'artificielles permettant de maintenir en permanence un bon
contact visuel pendant l'action, soit en principe nécessaire, il convient
d'utiliser également à cette époque des imitations minuscules et flottant très
haut. Leur utilisation me semble être le passage obligé si d'aventure l'animal
boude vos tentatives. S'il existe effectivement quelques mouches de
prédilection, je ne commettrais surtout pas l'erreur de vous embarquer dans des
affirmations passionnées. je dirai simplement que la solution se trouve, ici
comme ailleurs, articulée autour du facteur entomologique du moment qu'il vous
faudra observer constamment afin de tenter d'approcher en taille, en forme et en
couleur, l'insecte naturel pris par les poissons.
L'ombre des glaces et
des frimas.
Cher à quelques-uns d'entre nous et maintenant quasiment disparu de France pour
cause de fermeture, il m'apportait tous les ans son lot d'émotions
inoubliables. Dans le froid de l'hiver, seul sur le pool, les pieds bien calés
sur le fond de la rivière et les yeux rivés sur la page de l'eau, j'attendais un
quelconque signe de la nature. Parfois, un soleil à la musulmane remontait de
plusieurs degrés la température du moment, phénomène suffisant pour que quelques
éphémères fassent leur apparition. Alors, canne à mouche en main avec pointe en
14 et artificielle, hameçon de 16 sans ardillons, je guettais dans la magie de
l'instant, la montée fugace du "poisson roi" ....
L'ombre des
pommiers en fleurs.
Cette époque va donner l'occasion au débutant
de vivre ses premiers grands moments de la pêche du "porte étendard". Car, à ce
moment là, l'ombre fait montre d'un important appétit de surface ce qui va
permettre de l'observer facilement et de régler alors sa pêche ainsi que le
choix de l'artificielle sans véritable problème particulier.
Durant cette période, toutes tentatives débouchant sur une faute de dérive ou
une quelconque anomalie de présentation, se solderont presque systématiquement
par un échec. En effet, sur la Dordogne, l'ombre commun semble allergique à
toutes formes d'imperfections. il faut alors constamment régler la course de sa
ligne pour atteindre avec un maximum de naturel un poste localisé.
A la fin du printemps, dans le Massif Central et sur quelques rivières du centre
ouest de la France, lorsque le climat est favorable aux éclosions, les ombres
font preuve d'un appétit féroce en s'emparant de tous les insectes faisant
partie d'une même espèce dérivant dans les couloirs et les veines d'eaux où ils
ont pris position. C'est l'instant magique, le "grand moment" comme j'ai coutume
de l'appeler ; cette période est souvent celle de l'ombre trophée, du très gros,
puissant, malin, combatif, celui qui vous fait monter rapidement la tension, "LA
BOMBE" qui va vous balader pendant de très longues minutes, ponctuées par des
sauts magnifiques avec des départs spectaculaires dans les courants. Enfin,
celui que l'on n'est pas prêt d'oublier.
La
pêche de l'ombre à la nymphe au fil, ou à vue sans indicateur, peut également
s'avérer très captivante. En l'absence de gobages, il faut alors le tenter sur
le fond à l'aide d'initiations de larves plombées que l'on fait évoluer à la
bonne hauteur, là où les poissons sont actifs. II
convient toutefois de souligner quelques points importants. En effet, sur
certaines rivières où la lecture des fonds reste aléatoire en raison de leurs
teintes sombres ou voilées, la pêche à vue est bien sur utopique ; il
faut alors pratiquer selon la méthode dite "de la nymphe au fil". Sur le fond de
la rivière on constate que le comportement alimentaire de ce poisson est,
semble-t-il, très différent de sa façon de se nourrir en surface, il parcourt
souvent cinq ou six mètres pour s'alimenter et n'occupe à ce moment là, aucun
poste bien défini.
Au cours de ce ballet nutritionnel et dans certaines rivières ou la lecture des
fonds est possible , sa capture à la nymphe
est assez facile. Cela fait de lui une proie évidente pour un pêcheur
observateur et quelque peu adroit. En l'absence d'activité bien marquée en surface ou sur le fond de la rivière,
l'utilisation d'un train de mouche noyée relié à un bas de ligne plongeant dans
le but bien précis de provoquer les poissons à la bonne hauteur, reste une
technique efficace. Elle offre également l'avantage de vous décoller du fond
quelques belles farios oubliées qui mettront votre ligne en piteux état si vous
êtes un de ces pêcheurs à la mouche tombés de la dernière pluie
L'ombre des canicules.
En cette saison la nature se prépare à vous jouer une partition halieutique que
vous n'êtes pas prêt d'oublier si vous commettez l'erreur de croire que vous
avez presque tout compris. Bien calé sur lit de sable ou de galets ou encore à
l'abri d'un herbier se balançant au gré des ondes, notre poisson envisage nos
tentatives tout en se gavant de diptères minuscules
et de micro particules végétales ou animales en suspension. II faut alors faire
preuve d'une grande de finesse et d'une bonne dose d'ingéniosité pour intéresser
l'animal. La réalisation d'une ligne parfaite ainsi que l'emploi d'un matériel
très maniable et sans contrainte de poids s'avèrent ici obligatoires.
Pendant l'été, sa traque peut se pratiquer tout au long de la journée avec des
temps forts le matin et en fin d'après midi. Bien que le coup du soir ne me
procure aucune émotion, on constate que durant cette période, les poissons sont
parfois disposés à ramasser une artificielle sans trop de difficulté.
S'il m'arrive quelquefois de le solliciter au petit matin, je reste un
inconditionnel de la pleine lumière, le poisson disposant ainsi de tous ses
atouts pour vous procurer les moyens de valoriser sa capture. La réussite passe
alors en permanence par un impératif de qualité fondé sur le strict respect des
dérives, de la finesse des posés et de la discrétion. Pendant la belle saison,
l'utilisation d'artificielles de très petites tailles permet de déclencher de
nombreuses réactions. Parfois, les poissons viennent fixer l'imitation de plus
en plus haut donnant l'illusion pour un pêcheur non expérimenté que le poisson a
manqué la mouche. (Lire... dans
l'ombre de Campo)
Ces refus sont en partie associés au mauvais choix de l'artificielle qui doit,
en cette saison, être très proche de la réalité entomologique
devant un problème d'investigation
quasi permanent l'obligeant, de ce fait, à changer très souvent d'artificielle. II semble en effet que ce poisson suive de très près ces mutations
entomologiques annulant systématiquement toutes tentatives d'uniformités du mode
de pêche. II faut alors mettre le "turbo de l'observation". La finesse de la
ligne va également contribuer à berner ce poisson, l'utilisation d'une pointe
très longue en 10 ou 8/100 s'avérera très utile. Enfin, la capture de Thymallus
en été pendant la journée, reste l'affaire des très bons pêcheurs.
La pêche de l'ombre commun reste un sport réservé aux plus passionnés, sa
capture régulière au fil des saisons n'appartient qu'à celui qui privilégie
finesse, ingéniosité, technique et discrétion.
Pour réussir systématiquement dans cette discipline halieutique, il faut avant tout
avoir été initié ; la présence d'un vrai moniteur confirmé ou d'un spécialiste
de haut niveau, permettra de se doter des moyens essentiels tout en gagnant un
temps précieux.
remonter>>>>>
Retour>>>>>